woensdag 7 november 2007

France and the Rwanda Genocide (4)

le rôle des médias et de l'idéologie

Communiqué de presse, Paris, le 25 mars 2004

Quatrième journée sur le rôle des médias et de l'idéologie

La presse entre meilleur et pire, la propagande ethniste, des témoignages insoutenables

La Commission d'enquête citoyenne (CEC) a examiné ce jeudi l'attitude de la presse française durant le génocide, les influences qu'elle a subies ou contre lesquelles elle a résisté. Annie Faure, médecin au Rwanda en 1994, et Yves Ternon, historien, ont scruté durant cette période l'intégrale des articles du Figaro, du Monde, de La Croix, la plupart des articles de Libération, de larges extraits de L'Humanité. Ils ont aussi effectué des sondages plus ou moins importants dans les autres quotidiens et un certain nombre d'hebdomadaires. Ils ont constaté que la plupart des envoyés spéciaux, saisis par la dimension des massacres, ont après un délai d'adaptation plus ou moins bref tenu à informer librement de ce qu'ils voyaient et entendaient, faisant preuve de courage et de lucidité. Mais assez souvent, la qualité de leurs articles s'est trouvée en porte-à-faux avec les éditoriaux, les encarts, le titrage. Les principaux quotidiens n'ont pas échappé, même pendant l'opération Turquoise, à la contagion du discours ethniste - souvent dans sa version la plus absurde, nilotique et hamite -, alors que, dans les mêmes colonnes, une explication scientifique de la fabrication de l'ethnisme avait parfois été donnée par l'un ou l'autre spécialiste.

S'agissant de l'emploi décisif du mot " génocide ", il y a un grand écart entre son apparition le 11 avril dans Libération (quatre jours seulement après le début des massacres) et le 8 juin seulement dans Le Monde (où, selon un témoignage, le terme était auparavant censuré). La Commission a salué le travail du premier de ces deux quotidiens, mais aussi de L'Humanité et du Nouvel Observateur. Avec l'historien Jean-Pierre Chrétien, la CEC a repéré le développement, dès 1993 et jusque après le génocide, des thèmes de propagande distillés par les Services français. Il s'agissait notamment de diaboliser le FPR, ennemi de la France puis du camp génocidaire : ce mouvement était qualifié de " Khmers noirs ", muni du plan de conquête d'un " empire hima-tutsi ", etc. La CEC a observé la préparation et la résurgence de la thèse du " double génocide ".

L'attitude de la presse belge a été évoquée avec Colette Braeckman, qui a aussi confirmé plusieurs points, dont la constitution à l'ambassade de France du gouvernement intérimaire qui allait superviser le génocide, et le mépris affiché par les officiers français envers leurs homologues rwandais voulant se désolidariser de l'armée génocidaire. Sur la question de l'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion du président Habyarimana, la journaliste belge, spécialiste du sujet, n'exclut aucune hypothèse mais estime que de forts indices subsistent en faveur d'un coup d'État commandité accompli par le camp des extrémistes hutu.

Jean-Christophe Rufin, qui était conseiller du ministre de la Défense François Léotard, a apporté son témoignage sur la conception de l'opération Turquoise (à examiner vendredi). Il a insisté sur le fait que, pour une partie de l'exécutif, elle comportait une dimension réellement humanitaire, sans exclure que cette dimension ait été englobée dans d'autres objectifs dont il n'était pas informé.

En fin de journée, deux témoignages de rescapés filmés au Rwanda ont, une fois encore, porté de très graves accusations : il s'agit cette fois du camp de rescapés de Nyarushishi, où les soldats français de Turquoise se seraient rendus auteurs ou complices de viols ou de sévices sur la personne de survivants, en connivence avec des miliciens auxquels ils auraient livré régulièrement des victimes. La veille, un ancien chef milicien avait apporté un témoignage concordant. L'accumulation de témoignages reçus évoquant un partage de l'idéologie génocidaire et une complicité criminelle par certains éléments de Turquoise devient telle que la nécessité d'une enquête approfondie s'impose de plus en plus.

France and the Rwanda Genocide (3)

aide financiere et diplomatique au genocide

Communiqué de presse, Paris, le 24 mars 2004

Troisième journée consacrée aux présomptions de complicité financière et diplomatique francaises

De la Banque de France à l'Élysée et à l'ONU

La Commission d'enquête citoyenne (CEC) a examiné des documents recueillis à Kigali par le sénateur belge Pierre Galand, qu'elle a longuement auditionné.

La Banque nationale du Rwanda, trésor de guerre des organisateurs du génocide, a pu tirer des sommes importantes sur la Banque de France et la BNP Paris : 2 737 119,65 FF en six prélèvements du 30 juin au 1er août pour la Banque de France, 30 488 140,35 FF en sept prélèvements du 14 au 23 juin 1994 pour la BNP. La Commission se demande comment la Banque de France a pu procurer des moyens financiers (dont 1 500 000 FF le 1er août, alors que le Gouvernement responsable du génocide et sa banque ont quitté le Rwanda depuis un mois) aux auteurs d'un génocide commencé le 7 avril; comment l'autorité de tutelle de la place financière de Paris a pu ne pas demander de couper les liens financiers avec les autorités génocidaires; comment la BNP a pu ignorer la portée de ces prélèvements.

La journaliste Colette Braeckman a confirmé dans ses travaux que, selon une source sûre, le Gouvernement intérimaire rwandais (GIR) composé de représentants des factions politiques extrémistes et qui va aussitôt superviser le génocide, aurait été constitué au sein de l'ambassade de France à Kigali, sous la houlette de l'ambassadeur Marlaud. La France va continuer de reconnaître et d'aider le GIR (qui sera jugé responsable du génocide par le Tribunal pénal international d'Arusha) durant tout le génocide et même jusque mi-juillet 1994 environ, après avoir protégé sa fuite. Le 27 avril 1994, 20 jours après le début du génocide, elle a accueilli à l'Élysée, au Quai d'Orsay et, semble-t-il, à Matignon, le ministre des Affaires étrangères du GIR Jérôme Bicamumpaka, accompagné d'un leader réputé pour son fanatisme - ce malgré les avertissements d'importantes organisations des droits de l'Homme, qui ont mis en garde l'exécutif français contre la caution ainsi apportée aux autorités en train d'administrer le génocide. Ceci a été confirmé par l'avocat et militant des droits de l'Homme bruxellois, Eric Gillet.

L'Élysée, qui disposait d'une grande influence sur le GIR, ne s'en est guère servi pour l'inciter à cesser les massacres. Le Président de la République, selon Patrick de Saint-Exupéry, et son Monsieur Afrique Bruno Delaye, selon Alison Des Forges, auraient tenu des propos marquant une indifférence quasi totale au fait qu'un génocide puisse être en train de se commettre en Afrique, comme s'il s'agissait de quelque chose de banal.

Selon Alison Des Forges, la représentation française à l'ONU, en bons termes avec celle du GIR, aurait mobilisé son influence et ses relations au siège des Nations unies pour infléchir l'information du Conseil de sécurité, favorisant la perception d'un conflit armé plutôt que celle d'un génocide en cours. Une telle présentation a été celle proposée pendant plusieurs semaines par le Secrétariat général. Elle a concouru à limiter et retarder les réactions internationales contre le génocide.

La CEC est organisée par plusieurs associations (Aircrige, la Cimade, l'Observatoire des transferts d'armement et Survie). Elle est présidée par le juriste Géraud de la Pradelle. Y participent également l'historien Yves Ternon, Bernard Jouanneau, avocat, et Annie Faure, médecin.

France and the Rwanda Genocide (2)

Communiqué de presse, Paris, le 22 mars 2004

Commission d'enquête citoyenne sur le rôle de la France durant le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994

Première journée

Plusieurs témoins impliquent directement des militaires français dans le génocide

Durant les deux premières de ses cinq journées de travail, la Commission d'enquête citoyenne examine les éléments tendant à montrer une complicité active de la France dans le génocide : fourniture de moyens humains (instructeurs, organisation, appuis divers) et matériels (armes, télécommunication). Ce lundi matin, elle a entendu un témoin, Immaculée, qui a vu dès 1991 à un barrage routier tenu près de Ruhengeri par des militaires français, ceux-ci arrêter les porteurs de carte d'identité ethnique avec mention " Tutsi " et les livrer immédiatement aux miliciens, qui les massacraient aussitôt. " Les Tutsi se faisaient sortir de la voiture et les militaires français les remettaient aux mains des miliciens agacés qui les coupaient à coups de machettes et les jetaient dans une rigole (canalisation d'eau) au bord de la grande route asphaltée de Ruhengeri-Kigali. " " Dans le rétroviseur de notre Hiace-minibus, […] j'ai vu un Tutsi qui se faisait sortir d'une voiture un peu plus loin de la nôtre et après la vérification de sa carte d'identité, un militaire français et un autre officier rwandais l'ont donné aux miliciens qui ont commencé tout de suite devant ces voitures à le frapper, de leurs machettes et de toutes autres armes […] pour le jeter après dans la rigole (tout cela vite fait pour s'attaquer aux suivants). Quand j'ai vu cela, j'ai regardé autour de nous dans la rigole où j'ai aperçu quelques corps qui gisaient sans bruit ".

La Commission s'est aussi penchée sur la coopération continuée de l'armée française avec l'armée qui encadrait le génocide, pendant et après le génocide. Elle a rapproché cela des doctrines militaires de contrôle des populations enseignées depuis un demi-siècle à l'École de Guerre française, où ont été formés nombre de hauts gradés des régimes tortionnaires latino-américains, puis l'orchestrateur présumé du génocide rwandais, le colonel Théoneste Bagosora. En fin de journée, deux témoignages filmés, d'un survivant des collines de Bisesero et d'un milicien, ont fourni des indications concordantes (d'une gravité sans précédent, et dont la vérification est incontournable) sur l'implication de militaires français de l'opération Turquoise dans le massacre d'une partie des survivants. Dans le délai de trois jours entre la découverte de quelque 5 000 rescapés sur ces collines et le sauvetage de 800 survivants, sous la pression de journalistes, des soldats français et leurs hélicoptères auraient piégé environ 3 500 survivants en leur promettant de l'aide puis en laissant les miliciens venir les achever.

Ces témoignages font partie d'un ensemble qui sera projeté chaque jour vers 15h30. Ils méritent une vérification et des enquêtes complémentaires de la part de la justice et des médias. Notre pays doit faire la lumière sur ces accusations, ce qui serait d'autant plus aisé qu'il existe au Rwanda quantité d'autres témoins potentiels.

La Commission d'enquête citoyenne (CEC) n'a pas fait qu'entendre des témoignages parfois bouleversants. Elle a aussi méthodiquement examiné et discuté les pièces d'un abondant dossier et entendu plusieurs experts (Jean-Pierre Chrétien, Alison Des Forges et Gabriel Périès).

La CEC est organisée par plusieurs associations (Aircrige, la Cimade, l'Observatoire des transferts d'armements et Survie). Elle est présidée par le juriste Géraud de la Pradelle. Y participent également l'historien Yves Ternon, Bernard Jouanneau, avocat, et Annie Faure, médecin.

zondag 4 november 2007

UN ignores genocide in Africa

Winnipeg Sun, Nov 3, 2007

KIGALI, RWANDA -- Countries in the West are not the only states questioning the effectiveness of international organizations in preventing human rights abuses.
In Rwanda, many people have a low opinion of the United Nations.
The most obvious reason for this is many feel the UN abandoned them during the genocide in 1994. One young man I met in Kigali said he recalls people pleading with UN personnel to help them leave the country as death squads started killing. This was before the UN packed up its operations after evacuating foreign nationals first.
The UNAMIR (UN Assistance Mission for Rwanda) was originally about 2,500 strong at the start of the genocide, but was reduced to 250 after the death of 10 Belgian soldiers. The international community then quibbled about who would pay for the mission as hundreds of thousands were killed, all the while avoiding the term "genocide" for fear of being required to act. The French would later send troops to establish a safe zone in the southwest.
Rwandans justifiably feel betrayed by the only organization that has a mandate to prevent human rights violations around the world. This one young man said many Rwandans feel the UN is about "spending money" and not much else. This is evident as the UN is still present in the country.
One wonders if domestic institutions are better suited to preventing genocide and promoting peace. It was, after all, the Rwandan Patriotic Front which stopped the genocide by pushing out those responsible for the killing, not the UN. Also effective are traditional Gcaca courts in Rwanda which identify and prosecute perpetrators of the genocide.
Rwanda has also established a National Unity and Reconciliation Commission which seems useful in restoring peace. However, time will tell if these efforts can stand the test of time.
After all, true ethnic peace can only be achieved through changed attitudes at the individual and community level, not through government programs.
The worst part of the situation is Rwandans are witnessing another failure on the part of international organizations to secure peace elsewhere in Africa.
Many are concerned about the unfolding humanitarian catastrophe in Darfur and interpret it as another genocide the world is allowing to continue.
I attended a student debate on the Darfur issue at the National University of Rwanda in Butare. To many young Rwandans, the issue is crystal clear. They see it as genocide. The Arab-dominated central government is assisting Arab militias in slaughtering Black Africans in Sudan, many of whom are Christian.
To them, the world's response is chillingly familiar to what they went through. While the semantics of genocide are being debated, thousands are killed.
One student, trained in law and politics, said it seems everyone has to be killed for a consensus to develop that it is genocide.
Rather than debate genocide without direct evidence, he argued, it would make sense to agree human rights violations are occurring and to act now before genocide can actually develop.
If only the world had followed that advice in Rwanda.

dinsdag 30 oktober 2007

France and the Rwanda genocide (1)

open letter to the young people of france

I came accross this letter from Yoalnde Mukagasan earlier this year. It is in French so i have translated it for my readers
"Young Frenchmen and women, I know that you are able to understand matters.
i know that you all love life. I am sure you know that when a life is extinguished this is a dramatic experience for someone somewhere in this world.
My dear young French people, I have survived a genocide. The one of the Tutsi in Rwanda. But my husband and my three children have been killed in 1994 in the course of this genocide. My husband and children had not done anything. their only crime was that they had been born, and that they were simply alive.

Whenever a human being wants to pull a veil over his face so as not to see the errors and choices of his past, he will inevitably do the same things again for the rest of his life.

The politicians of your country have made a choice with regard to Rwanda: to share the reponsibilty for the murder of a million Tutsi.
More than a million within just three months, amonng them my husband and children, but also cousins of mine, uncles, aunts and their families.
It has now been 17 years that France is torturing me. Ever since 1990 French soldiers stopped us at roadblocs and arrested us, just as the murderous Rwandan army of those days did.
You can find images of this in the archives of France2

Who gave France to right to arrest me in my own country?
Who gave France th right to take part in an inter-rwandan struggle, going so far as to take the side of the murderers of my family?

France had trained our assassins.
France has armed them.

A complaint has been lodged against the French soldiers who have raped women during the genocide. It is not a light thing for a woman to lodge a complaint gainst rape..it makes their loss of dignity and intimacy public.
France bears the guilt for what its policians an the military in Kibuye in the so-called 'safe zone", operation Turquoise. When the genocide had stopped in other parts of Rwanda, it simply continued in the zone occupied by the French.

France persists in denying what it has done.

Even after the genocide France kept protecting our assassins who were wanted by the Rwandan courts.
After the genocide the French president, Francois Mitterant said: "A genocide, in that country over there, is of little importance."
He knew what he was saying, as he also knew what French politics in Rwanda got mixed up in. Why did the republic so far as to become guilty of a crime against humanity?

French politicians and soldiers are accomplices in the genocide of the rwandan Tutsi, and you, the youth of France, or your children are going to pay the price for this one day.

Youth of france, put your arms around your mothers and ask them whether they know what it means to a mother to lose a child. Once you will understand this, you will also understand to what extent I will not let france get away with this. France will have to account for its crimes, render account to me and the other survivors of this genocide. If France refuses to do this, it will be you who in the future will have to give account to the children of Rwanda.

"A French Genocide", "A Genocide on the consciense of France", "The shame.." are books written by French authors.I suggest you read them. Should what has happened to french women and children in the Ivory Coast not msake you think again.? Why should French society have to pay for the criminal French politics in Africa?

I thank all those Frenchmen and women who keep fighting with us to get the truth established and justice done to the victims of this genocide , both the living and the dead. But also for the murderers and their children, and for the dignity of the French people....
..what I am doing now, writing this letter to you, is not for myself, because I have nothing left to be saved, I have lost all I once loved. I shall continue my fight for all the children in this world, hoping that one day they will be the parents of children in a world of Peace and Justice".

zaterdag 7 juli 2007

Rwanda wordt Singapore van Oost-Afrika

PARIJS, 5 juli 2007 (IPS) - Rwanda is goed op weg om de eerste kenniseconomie van Afrika worden. Nog geen vijftien jaar na de genocide die de Rwandese samenleving volledig ontwrichtte, speelt het land een pioniersrol in de toepassing van de informatie- en communicatietechnologie (ICT) in Afrika. Kigali kan misschien zelfs de ICT-hub van Oost-Afrika worden.
De ambitie van de Rwandese regering trekt grote investeerders aan, van Microsoft tot Nokia en Terracom. Ze zetten grootschalige projecten op als mobiele telefonie en de aanleg van een multivezelnetwerk, maar ook pc- en internetprojecten op kleine schaal.
Rwanda besteedt nu 1,6% van zijn overheidsbudget aan ICT. Daarmee ligt Rwanda op het niveau van rijke landen. Ook donorlanden steunen de koers. Afgelopen maand kondigde het Britse ontwikkelingsministerie DFID een project aan ter waarde van 700.000 pond (1 miljoen euro) om samen met de Rwandese regering en de Wereldbank “innovatie in wetenschap en technologie en economische groei” te onderzoeken”.
Vision 2020
In 2000 lanceerde Rwanda haar “Vision 2020”-strategie om in twintig jaar tijd een middeninkomensland te worden. De instabiliteit van de regio en de ongunstige ligging noopten de regering tot een duidelijke keuze: de kenniseconomie moet de hoeksteen van de economie worden. De Rwandezen besloten in te zetten op onderzoeks- en onderwijsprogramma's, technologische innovatie en de verspreiding van telecommunicatie. Een nieuwe generatie hoogopgeleide wetenschappers moet helpen de economie in een hogere versnelling te schakelen.
Jerome Gasana is projectmanager van het Regionale ICT Trainingscentrum (RITC) in Kigali. Hij vertelt dat vijfentwintig gedemobiliseerde soldaten in een jaar tijd zijn opgeleid om hardware te onderhouden en software te ontwikkelen. “Het doel van de training was om ex-soldaten aan het werk te krijgen in de ICT. Sommigen
zijn al samen gaan werken met hardwarebedrijven”. Het project werd mogelijk gemaakt door het Amerikaanse Development Gateway Foundation .
Betrokkenen hebben hoge verwachtingen van ICT. De Rwanda Development Gateway, een overheidsportal voor de ontwikkelingssector, ziet de sector als “een kans om in één keer de fase van de industrialisatie over te slaan en een kenniseconomie te ontwikkelen”. Met de economische mogelijkheden die dat biedt, zouden de ontwikkelingsproblemen effectief kunnen worden aangepakt.
Dorpstelefoon
Rwanda kan intussen bogen op een aantal hoogwaardige initiatieven, zoals een ICT-park en een Telemedecine Network dat ziekenhuizen en universiteiten met elkaar in contact brengt. Al 1200 basisscholen hebben computers en een tiende van de middelbare scholen heeft draadloos internet. Gasana: “We hebben leraren uit elke provincie getraind om de kennis over te dragen op de kinderen.”
De toegang tot telefonie en internet voor de hele bevolking is een belangrijk onderdeel van het beleid, al is er nog steeds een grote kloof tussen stad en platteland. De meeste aansluitingen zijn te vinden rond de hoofdstad. Om die reden is er in 2006 maar liefst een miljard dollar besteed aan het opzetten van telecentra door het hele land. In dit kader voeren Nokia en de Grameen Foundation USA een “dorpstelefoon”-initiatief uit. “Op dit moment zijn er 167 dorpstelefoons, maar eind 2007 moeten dat er duizend worden”, zegt Yolanda Pineda, communicatiedirecteur van Nokia Midden-Oosten en Afrika.
Internationale rol
Drie weken geleden trad Rwanda toe tot de Oost-Afrikaanse Gemeenschap (EAC). “We willen ons richten op de Oost-Afrikaanse markt”, zegt Gasana. In een project met Microsoft heeft het RITC onlangs 25 trainers opgeleid om ondersteuning te bieden aan gebruikers. Door middel van een beurs worden er ICT-studenten uit andere Afrikaanse landen aangetrokken. Het nieuwe East African Submarine Cable project, om met een enorme multivezelkabel dorpen van Sudan tot Zuid-Afrika toegang te bieden tot internet, is ook gevestigd in Rwanda.
“Het is nu belangrijk om te blijven investeren en door te gaan met het beleid”, zegt Andrew Mack, voormalig medewerker van de Wereldbank en medewerker van East Africa Business Week. “Dat heeft de regering-Kagame tot nog toe goed gedaan door een voor het bedrijfsleven gunstig klimaat te scheppen. Als ze hiermee doorgaan, kunnen ze veel Rwandezen bereiken en ook nog geld verdienen aan hun regionale
rol. Kigali zou goed een hubfunctie kunnen vervullen – het kan het Singapore van
Oost-Afrika worden.”

vrijdag 6 juli 2007

FRANCE-RWANDA

= (Archives de l’Elysée). Poursuivre sur le chemin de la vérité et de la justice. Communiqué de la Commission d’enquête citoyenne Commission d’enquête citoyenne sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda


Le 3 février 2005, la Commission d’Enquête Citoyenne (CEC) présentait à la presse son rapport intitulé L’horreur qui nous prend au visage. L’Etat français et le génocide au Rwanda (Karthala), dans lequel sont contenus tous les éléments qu’elle a pu réunir durant plusieurs mois de recherches et cinq journées d’auditions de témoins et experts (1).
Ces éléments montraient la profondeur de l’implication des autorités françaises dans les événements du Rwanda de 1990 à 1994, et même au-delà de cette date en ce qui concerne le soutien à des membres éminents du régime génocidaire en déroute au Zaïre et dans de nombreux autres pays dont la France.
A cette occasion les avocats Antoine Comte et William Bourdon avaient annoncé le dépôt de plaintes de victimes rwandaises pour « complicité de génocide et crimes contre l’humanité » contre X, visant des militaires français de l’Opération Turquoise (opération militaro-humanitaire lancée par la France du 22 juin au 22 août 1994) (2).
Depuis lors, nous avons pris connaissance de documents de l’Elysée concernant la période de 1990 à 1994 que Maîtres Antoine Comte et William Bourdon ont transmis à la Juge d’instruction du Tribunal aux Armées et dont quelques uns ont été publiés depuis plusieurs mois sur notre site Internet (http://www.enquete-citoyenne-rwanda.org/).
Dans son édition du 3 juillet 2007, et après avoir également pris connaissance des archives de l’Elysée, le journal Le Monde révélait la gravité des éléments qu’elles contiennent, à savoir :
la connaissance par les plus hautes autorités françaises de l’époque de la dérive génocidaire du régime rwandais et des risques de massacres à grande échelle
et la poursuite, malgré ces informations, du soutien français (notamment militaire) à ce même régime
Entre temps, une vague de publications a tenté de brouiller les pistes sur la réalité du génocide et de marginaliser nos travaux, ainsi que ceux d’universitaires et de journalistes, afin de défendre le rôle de la France au Rwanda.
Le 19 décembre 2005, la CEC a donc publié en réponse, un communiqué rappelant ce qui, en droit, constitue la complicité de génocide (3).
Nous rappelons aujourd’hui la nécessité que l’implication française au Rwanda soit examinée par une véritable Commission d’enquête parlementaire qui aura plus de pouvoir d’investigation que la Mission d’information parlementaire qui s’est tenue en 1998.
Une telle commission doit pouvoir faire toute la lumière sur cette « tragédie » et en tirer toutes les conséquences. Notamment, elle doit permettre la citation devant les tribunaux de responsables français et rwandais se trouvant en France et de jeter les bases d’une attitude de réparation de la France à l’égard des rescapés.
Dans une démocratie digne de ce nom, il n’est pas concevable qu’il faille attendre que des plaintes soient déposées au Tribunal aux Armées de Paris par des victimes lointaines, soumises à des contraintes économiques aiguës, ne parlant pas le français et ignorant tout de la justice française, pour que des responsables français, qui ont déshonoré les Français à travers les drames personnels de ces personnes, soient interrogés par la justice.
D’autre part, il apparaît indispensable que les parlementaires puissent exercer un contrôle sur la politique étrangère de la France, notamment quand des projets engagent notre armée à l’extérieur de notre territoire.
Les interventions en Côte d’Ivoire, au Tchad, en Centrafrique et dans d’autres pays sont de cette nature, avec notamment l’engagement (comme au Rwanda dans les années 1990) des troupes d’élite du Commandement des Opérations Spéciales (COS), hors de tout contrôle démocratique.
Tous les citoyens français doivent comprendre qu’il ne suffit pas de participer massivement à une élection présidentielle pour être quitte de son devoir de citoyen.
Il est de la responsabilité de chacun, citoyens comme Parlementaires, d’agir afin de créer les conditions permettant la fin de l’impunité des crimes de la France au Rwanda et en Afrique en général.
(1) La Commission d’enquête citoyenne a été mise en place par les associations Survie, Aircrige et Obsarm ainsi que des citoyens français. Ses auditions se sont déroulées du 22 au 26 mars 2004 à Paris.
(2) Ces plaintes ont été déposées le 16 février 2005 auprès du Tribunal aux Armées de Paris (TAP), seul compétent à juger les crimes commis par des militaires français en opération à l’étranger. Le 23 décembre 2005, le TAP a ouvert une information judiciaire contre X.
(3) Voir le communiqué sur http://cec.rwanda.free.fr/pilotage/Communique-2005-12-19.pdf
5 juillet 2007